Chargé(e) d'action territoriale

Date d'émission: 

13/12/2016

Type de fiche: 
métier
Famille de métier: 
2 - Action territoriale et relationnelle
Typologie: 
Coeur de métier de la biodiversité
Finalités du métier : 

Le ou la chargé(e) d’action territoriale, ou médiateur(trice) territorial(e), développe un savoir-faire au bénéfice d’un projet collectif territorial. Il ou elle intervient en assistance technique pour favoriser, organiser et animer des projets thématiques ou de développement, en lien avec les acteurs du territoire, qu'ils soient partenaires privés, associatifs, publics, institutionnels ou habitants.
Il ou elle propose et met en œuvre les orientations stratégiques de sa structure à travers un programme d’actions, établissant des relations avec les acteurs au plan technique et administratif avec pour objectif de construire une collaboration active pour la sauvegarde de la biodiversité et l’impulsion des bonnes pratiques environnementales ou le développement du dialogue territorial. Animant la réflexion dans son domaine, il ou elle apporte un appui technique en interne comme en externe par le conseil, les études, la mise en œuvre et le bilan des actions engagées.
Ce métier peut intervenir en complément du métier de chargé(e) de mission thématique ou de la fonction de responsable de projet (voir fiches respectives).

Missions et activités principales : 

Ancrer l'action sur le territoire :

Développer et structurer sa connaissance du territoire (acteurs, logiques et enjeux, contexte socio-économique…),
Rencontrer les acteurs et interlocuteurs et se faire connaître (entretiens formels ou non, participations ou animations de rencontres, colloques, séminaires ou groupes de travail…),
Assurer une veille technique, juridique et documentaire sur les sujets travaillés, organiser et mobiliser les données,
Accompagner les acteurs dans leurs projets ou répondre à leurs demandes,
Développer la communication interne et externe liée à son activité, représenter son organisation dans son domaine d’activité.

Impulser, coordonner et développer des actions dans son domaine d’expertise :

Initier des projets structurants et innovants selon les besoins du territoire ou d’un site particulier et les opportunités financières de mise en œuvre,
Monter, gérer et suivre des actions opérationnelles en partenariat (appui, ingénierie, animation de réseau et de démarches collectives, formation, promotion…),
Préparer et présenter des dossiers étayés aux instances consultatives et décisionnelles concernées,
Gérer ses dossiers au plan administratif et financier,
Assurer l’évaluation et le bilan des opérations conduites.

Piloter et animer des dispositifs participatifs :

Étudier le contexte, identifier les besoins,
Définir les objectifs, les résultats attendus et le type de dispositif et ses modalités pratiques,
Identifier et rencontrer les publics et participants, assurer la communication et les échanges liés au dispositif, mobiliser l’information nécessaire,
Mettre en place les instances de dialogue et leur cadre (gouvernance, participants, modalités de travail, articulation avec le processus décisionnel…),
Mettre en œuvre et animer le dispositif, suivre l'avancement et l'adapter si besoin, l'évaluer.

Compétences requises

Connaissances :

Dialogue territorial (principes, méthodologie et techniques) et vie du territoire (enjeux socio-économiques et politiques, acteurs clés des collectivités, associations et entreprises, modes de décision des acteurs publics, projets majeurs, patrimoine matériel et immatériel…)
Environnement professionnel, règlements et normes liés au sujet
Dispositifs contractuels et financiers (programme Leader, contrats Etat-région, contrats de massifs, opérations Grands Sites de France, etc.)
Notions en économie, écologie, biodiversité
Techniques de communication et d'étude sociologique (types d'entretien, questionnaires ...)

Savoir–faire :

Conduite de projet
Compréhension des jeux d'acteurs
Négociation et médiation, animation de réunions et de groupes (en présentiel ou à distance)
Conception et pilotage de dispositifs participatifs
Rédaction (analyse et synthèse d'informations pour différents publics, communication)

Savoir-être :

Relationnel (écoute, empathie, sociabilité, maîtrise de soi)
Adaptabilité (différents publics et jeux d’acteurs), créativité
Force de proposition, esprit d’initiative
Persévérance
Organisation, méthode

Exercice du métier

Conditions et moyens :

Le métier de chargé(e) d'action territoriale est un emploi en partie sédentaire (travail sur écran, bureautique) exercé en relative autonomie, avec des déplacements réguliers sur le territoire (réunions, évènements, comités de pilotage…), nécessitant une bonne disponibilité (en soirée et le week-end). Des pics d’activité sont enregistrés en fonction des échéances des dossiers conduits. L’activité est exercée en transversalité et en mode projet avec de nombreux acteurs internes et externes (collectivités, entreprises…) et fait appel aux compétences du dialogue territorial pour la mise en œuvre de dispositifs participatifs de concertation ou de consultation.
Le métier peut viser différents objets (gestion de sites, développement local, études scientifiques, sensibilisation…) ou favoriser un nouveau projet pour le territoire sur une thématique (agriculture, forêt, tourisme, pêche professionnelle, randonnée, sports ou activités de nature, architecture…). De ce fait, le cadre d’exercice du métier varie. Il peut être exercé de façon générique sur un secteur donné dans les cas de périmètres étendus de territoires (Parcs nationaux, PNR…), exercé en lien avec un secteur d’activités précis ou encore de façon plus transversale (développement local, économique, culturel, projet de charte, coordination d'une marque, opération Grand Site de France…).
Ce métier peut également recouvrir les questions d’ingénierie de la maîtrise foncière et le travail lié aux mesures de compensation environnementale.

Evolution :

Le métier de chargé(e) d'action territoriale est impacté par l’évolution des TIC pour la saisie des données et la communication (développement du SIG, des visioconférences…). Il est marqué par les évolutions du domaine de la biodiversité (extension des aires d’adhésion des Parcs nationaux, création de nouveaux PNR, politique des Grands Sites, évolution de la règlementation…), l’évolution du secteur économique concerné (exemple de la régulation thermique des bâtiments…), la baisse des subventions des collectivités et les évolutions de l’organisation territoriale (acte 3 de la décentralisation, réforme territoriale…). Il est de plus en plus impacté par le volet administratif (difficultés accrues de financement des projets, développement de l’évaluation des politiques publiques).
Le métier suit par ailleurs les évolutions de la société en matière de développement durable (économie sociale et solidaire, agriculture durable, circuits courts, écoconstruction, tourisme durable, énergies renouvelables, nouvelles pratiques culturelles …). Il s’inscrit de plus en plus dans le cadre du dialogue territorial, en mobilisant les principes de la concertation et de la médiation pour l'appui au développement des territoires (gouvernance de ressources collectives, politiques publiques participatives, projets concertés, mise en dialogue des acteurs du territoire…).

Risques spécifiques :

Troubles oculaires liés à une activité prolongée sur écran. Risques d’altercations (conflits d’usages sur des sites à fort enjeu).

Accés

Missions et activités spécifiques: 

Peut être amené(e) à :
(selon la thématique ou le projet accompagné)

Structurer un réseau et intervenir en animateur de réseau (voir fiche « Animateur(trice) de réseau »)
Participer à la mise en place et la coordination des politiques publiques dans son domaine d’activité (voir fiches métier « chargé(e) de mission Natura 2000 » et « chargé(e) de mission Trame verte et bleue »)
Impulser et développer des chartes, labels, démarches qualité européennes, nationales ou régionales ou des marques spécifiques (CETD, Grands Sites, marques Parcs, HQE, etc.)
Intervenir en interface, médiation ou en position d’expertise dans des cas spécifiques en lien avec les acteurs ou usagers (chasse, pêche, pastoralisme, liaisons douces, activités motorisées, dégradations du fait de la faune sauvage, accessibilité aux sites…)
Instruire des dossiers d’autorisation (bâtiments agricoles, travaux d’équipements signalétiques, manifestations sportives…)

Spécialité métier : Chef de projet  « création d'aire protégée »
(étude de Parc naturel marin, Parc naturel régional, Grand Site de France, Aire marine protégée...) :

Le métier peut s’exercer dans le cadre des missions généralistes de préfiguration d’un PNR, ou dans la phase projet d’un Grand Site de France par exemple. Dans ce cas, la faculté à fédérer les acteurs et à animer de la concertation ou une réflexion collective seront essentielles à la réussite partagée du projet. Pour les Grands Sites de France, l’activité inclut la supervision de travaux d’aménagements spécifiques (voir en complément la fiche métier « conducteur(trice) d’opérations » et la fiche fonction « responsabilité de projet »).