Expert(e) biodiversité

Date d'émission: 

15/12/2016

Type de fiche: 
métier
Famille de métier: 
3 - Gestion des connaissances
Typologie: 
Coeur de métier de la biodiversité
Finalités du métier : 

L’expert(e) biodiversité est spécialiste de la connaissance d’un ou plusieurs groupes d’espèces, d'un milieu naturel ou d'un domaine écologique particulier et intervient comme référent de son domaine de connaissance auprès de nombreux partenaires et publics. Il ou elle intervient dans le cadre de missions d’expertise à dominante règlementaire.
Il ou elle est garant d’une connaissance approfondie du sujet concerné et représente à ce titre une expertise reconnue. Il ou elle est amené(e) à développer en continu son niveau d’expertise et à partager et vulgariser ses connaissances.

Missions et activités principales : 

Être garant d’une connaissance approfondie d’un domaine écologique :

Réaliser des analyses bibliographiques approfondies (publications, bases de données, recherche et contact de personnes ressources…),
Reconnaître l’état et la bonne santé de l’élément et évaluer l’impact potentiel d’un aménagement ou d’un plan de gestion,
Émettre des avis ou valider des données en tant qu’expert sollicité par différents interlocuteurs (collectivités, services de l’état, associations naturalistes, presse spécialisée, amateurs éclairés…),
Rédiger des articles et des notes pour des publications scientifiques ou techniques, des synthèses de données (état initial, inventaires, évaluation d’impact…),
Alimenter des bases de données spécifiques et contribuer à la diffusion des données.

Développer la connaissance et la réflexion sur sa thématique :

Faire évoluer les méthodes, procédures et normes liées au domaine d'expertise,
Analyser un cas complexe ou piloter un groupe d'études et élaborer des propositions,
Définir des protocoles spécifiques pour identifier et caractériser un milieu, un élément, une espèce ou un groupe d’espèces particuliers dans le cadre de plans de gestion, diagnostics ou études d’impact,
Participer à des groupes de travail en fonction de ses compétences (réseaux de partage et d’échanges naturalistes, comités scientifiques, rencontres associatives régionales, colloques…),
Assurer une veille documentaire dans son domaine d’expertise.

Compétences requises

Connaissances :

Domaine d’expertise écologique spécifique
Connaissance d’un terrain/territoire d’expertise particulier (espace géographique, environnement particulier…)
Droit de l’environnement national/européen
Problématiques de conservation (liées aux espèces et en lien avec les activités humaines)
Anglais technique et scientifique

Savoir-faire :

Techniques et protocoles spécifiques (capture, observation, inventaire)
Analyse des données et interprétation des résultats
Utilisation de logiciels et d’outils spécifiques
Techniques de rédaction (note de synthèse, avis)
Prise de parole en public

Savoir-être :

Rigueur scientifique
Analyse, synthèse
Curiosité
Ténacité, patience
Précision

Exercice du métier

Conditions et moyens :

Ce métier s’exerce de façon autonome et pour une partie sédentaire (travail bureautique), en lien avec les chargés études scientifiques et les techniciens dans le cas d’actions de terrain (études d’impact d’aménagements routiers, éoliens, rédaction de documents d’objectifs dans le cadre de plans Natura 2000…). L’expert(e) biodiversité peut être généraliste d’une problématique (assainissement...) ou spécialisé dans un groupe taxonomique botanique ou faunistique (entomologues, ornithologues, herpétologues, chiroptérologues… ) ou pour une composante écologique (écotoxicologie, chimie de l'eau, du sol...). De plus, il (elle) est souvent spécialisé dans un secteur géographique ou un milieu naturel spécifique.
Le métier suppose de nombreux déplacements sur le terrain y compris de nuit ou en soirée selon les missions d’expertise. Il nécessite une bonne condition physique pour les interventions de terrain (travaux dans des cavités, sur des falaises, dans des espaces et milieux naturels isolés par toutes conditions météorologiques…). Les activités de terrain peuvent réclamer de maîtriser des techniques spécifiques d’approche et de pratique (déplacement sur corde, spéléologie, plongée en mer...).
Les déplacements sont fréquents pour des interventions dans des colloques, y compris à l’international, ce qui suppose la maîtrise de l’anglais à l’oral.
Utilisation de matériel ou de logiciels spécifiques (bases de données, herbiers, matériel de terrain…).

Évolution :

Le métier est impacté par l’évolution des techniques et des méthodes d’analyse et d’observation des espèces, et en particulier par les nouvelles technologies, qui, adaptées au domaine d’expertise, permettent de gagner en rapidité et précision (caméras infra rouges…). Le développement de nouvelles méthodes de recherche permettent d’optimiser certaines pratiques (ADN environnemental pour les mammifères, amphibiens et poissons), de même que l’utilisation de la caméra de type go-pro dans d’autre cas.
L’expert naturaliste est de plus en plus attendu sur son degré de connaissance d’une espèce ou d’un groupe d’espèces (vie de l’espèce, risques sanitaires liés à l’espèce). Il (elle) est de plus en plus souvent sollicité(e) pour son expertise spécifique concernant l’impact des activités humaines sur l’espèce concernée (projets d’aménagement de bâtiments publics, d’ouvrages d’art, d’équipements dans les espaces naturels, dossiers de contentieux impliquant d’intervenir dans le cadre de procédures de gestion de litiges…).
Le ministère de l’écologie propose depuis 2011 un dispositif de connaissance et d’évaluation de l’expertise scientifique et technique. Les experts biodiversité peuvent voir reconnaitre leur qualification à travers la qualité de leurs activités et productions par des comités de domaine chargés de leur évaluation. Le parcours professionnel, le niveau de compétence, le type de responsabilité, la capacité d’intervention et le périmètre de rayonnement des candidats sont ainsi évalués. Les candidats agréés sont qualifiés pour une période de 4 ans selon le degré d’expertise qui leur est accordé (spécialiste, expert ou expert international). Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2016, un dispositif de reconnaissance de l’expertise à destination des agents du ministère de l’agriculture est opérationnel. Il s’agit notamment de qualifier les experts aptes à occuper les postes à fort contenu scientifique ou technique.

Risques spécifiques :

Troubles musculo-squelettiques, oculaires (travail sur écran).
Pour les travaux réalisés sur le terrain, risques de coupures, piqûres d’insectes, allergies, morsures de tiques, brûlures, chutes, risques vis à vis d’animaux dangereux et exposition potentielle à des maladies infectieuses et parasitaires (maladie de Lyme, tétanos, rage, leptospirose, etc.).

Accés

Missions et activités spécifiques: 

Peut être amené(e) à :

Réaliser des inventaires (faune/flore) pour le compte d’associations naturalistes ou de bureaux d’études, des suivis de qualité (eau, sol, milieu)
Intervenir en qualité d’expert sur des sujets délicats (respect des normes et règlements, prévention de risques naturels, gestion de confits d’usage…)
Intervenir dans le cadre de formations universitaires ou spécialisées (Muséum d’histoire naturelle…)
Accueillir le grand public dans le cadre de visites spécifiques, d’évènements à thème…