Technicien(ne) d’exploitation (agricole ou forestière)

Date d'émission: 

03/01/2017

Type de fiche: 
métier
Famille de métier: 
1.3 - Production du vivant
Typologie: 
Métiers contribuant à la préservation de la biodiversité
Finalités du métier : 

Le ou la technicien(ne) d’exploitation, agricole ou forestière, conseille et assiste les professionnels de l'agriculture (ou exploitants forestiers) au niveau technique et règlementaire. Il ou elle a pour objectif la gestion cohérente des ressources naturelles, et peut être amené(e) à élaborer des plans de gestion patrimoniale d'un site. Il ou elle sensibilise les publics et usagers à la protection du milieu, aux pratiques d'exploitation à la fois respectueuses de l'environnement et intéressantes pour l'exploitant.

Sur le plan agricole, il ou elle intervient le plus souvent en situation de conseil et d’appui aux exploitants ou aux groupements agricoles.
Sur le plan forestier, il ou elle intervient en tant que spécialiste de son domaine tant dans le secteur public des forêts sur des problématique de gestion, préservation et valorisation des ressources, que dans le secteur privé, où son action vise plutôt la rentabilité de l’exploitation forestière (coupe et vente de bois, conseil aux propriétaires).

Missions et activités principales : 

Surveiller et gérer la ressource :

Assurer la surveillance des espaces sylvicoles ou agricoles (relevés naturalistes, état écologique, évolution...),
Participer ou définir les orientations de gestion et les traduire en actions (choix des parcelles, type d'intervention, espèces, calendrier..),
Mener ou suivre des opérations de gestion de la ressource agricole ou sylvicole (défrichage, abattage, reboisement…) jusqu'à la destination des produits (valorisation in situ, stockage, vente),
Assurer un suivi de plans de gestion.

Apporter connaissances et conseils :

Assurer le relationnel et la sensibilisation avec les usagers, élus locaux, agriculteurs et éleveurs, propriétaires forestiers, pépiniéristes…,
Conseiller les exploitants et accompagner le développement d’exploitations (rendement, agriculture raisonnée ou biologique),
Informer les professionnels et le grand public et communiquer sur les bonnes pratiques environnementales et agricoles et sur les actions réalisées,
Réaliser des diagnostics, enquêtes et études diverses, proposer des évolutions adaptées,
Assurer une veille technique et règlementaire dans son domaine d’activités.

Planifier et préparer les travaux forestiers :

Rédiger les cahiers des charges des travaux,
Planifier et organiser (ou participer à) la logistique technique des chantiers (accès, déroulement...),
Encadrer des équipes d’agents techniques ou forestiers (opérations d’élagage et d’abattage…),
Contrôler le respect des directives de travaux (type de coupe, surface, état final de la parcelle…),
Contrôler et entretenir de manière régulière les outils de travail (outils, machines, véhicules…).

Compétences requises

Connaissances :

Activité agricole, filière bois, techniques de culture et de production animale et végétale,
Économie de l’agriculture, de la forêt publique ou privée
Techniques de production (agriculture, sylviculture, aquaculture…)
Juridiques (code environnement, forestier, droit rural…)
Normes environnementales

Savoir-faire :

Gestion comptable et administrative d’exploitation agricole/sylvicole
Maniement de petits outils thermiques
Techniques d’abattage et de reboisementConduite et contrôle de travaux
Encadrement d’ouvriers

Savoir-être :

Relationnel
Sens pratique, dextérité, habileté
Sens du travail en équipe
Organisation
Sens de l’observation

Exercice du métier

Conditions et moyens :

Le ou la technicien(ne) d’exploitation agricole ou forestier(ère) occupe un emploi de gestion, fortement marqué par le travail de terrain en espace agricole ou forestier. En complément, le travail peut être sédentaire (dossiers administratifs, travaux sur écran). Selon le cas et la situation professionnelle, le métier porte plus sur la gestion des ressources naturelles, son exploitation (forêt) ou le conseil et l’accompagnement auprès des exploitants agricoles ou forestiers.
Lorsqu’il ou elle intervient en extérieur, le métier est exercé en application de consignes précises qui lui sont données par sa hiérarchie en respectant les règles et consignes de sécurité sur les chantiers et l’écologie des milieux concernés. Il est par ailleurs exercé sur une amplitude horaire large selon les nécessités techniques rencontrées, par tous temps y compris le week-end, demandant une bonne condition et capacité physique.
Il ou elle doit porter des équipements de protection requis pour certains travaux. Il ou elle peut être amené(e) à utiliser des engins spécifiques adaptés à certains chantiers (abatteuse, pinces à élaguer, débroussailleuse, tronçonneuse, broyeuse, pelle mécanique...). Dans ce cas, il ou elle doit obtenir une certification l’habilitant à le faire, tel que le CACES R 372-1 (tracteurs et petits engins de chantiers mobiles). Le métier impose le permis B et selon les engins conduits, les permis BE (traction de remorque), C ou EC (poids lourds). Une habilitation électrique peut être requise selon le cas (enclos de pâturages, travaux électriques divers...).
Le ou la technicien(ne) d’exploitation agricole ou forestier intervient parfois sur site dans des situations d’urgence (cas de tempêtes, grêle, inondations, incendies...), pour mise en sécurité ou sur sollicitation pour aider les exploitants ou propriétaires à élaborer des dossiers de remboursement auprès des assureurs.

Évolution :

Le métier est influencé par les évolutions de la réglementation, par le règlement interne et les mesures de sécurité au travail. En lien avec la préservation de la biodiversité, le métier s’inscrit dans un développement de pratiques raisonnées de gestion et d’exploitation. La valorisation de la filière forêt-bois en France passe par une meilleure prise en compte de la gestion écologiquement responsable des ressources.

Risques spécifiques :

Risques liés au travail isolé en milieu naturel, à la manipulation d’outils potentiellement dangereux et à la conduite d’engins thermiques (débroussailleuse, tronçonneuse, scie …). Risques de coupures, piqûres d’insectes, allergies, morsures de tiques, brûlures, chutes, risques vis à vis d’animaux dangereux (travaux d’entretien dans des zones naturelles isolées, accidentées…). Exposition potentielle à des maladies infectieuses et parasitaires (maladie de Lyme, tétanos, rage, leptospirose, etc.).
Exposition aux variations climatiques (risque d’insolation l’été, températures négatives en hiver…). Port de charges lourdes (troubles musculo-squelettiques).

Accés

Missions et activités spécifiques: 

Peut être amené(e) à :

Participer à la mise en œuvre de politiques générales agricoles ou sylvicoles (services de l’état)
Mettre en place des expérimentations (en lien avec des chercheurs)
Ouvrir des sentiers de découverte du milieu
Élaborer des dossiers de contentieux
Verbaliser les contrevenants au code forestier (dans certains cas, voir fiche fonction « Police de l’environnement »).

Spécialité métier : Technicien(ne) des milieux marins et de la pêche :

Cette spécialité recouvre le domaine maritime et l'activité de pêche. Elle concerne la surveillance et la gestion des ressources maritimes et l'appui technique aux entreprises du secteur. Les techniciens pilotent des projets liés à la préservation et l’exploitation raisonnée des ressources maritimes (management environnemental, observatoires et suivis qualité des eaux marines, techniques alternatives de pêche…). Ils sont amenés à travailler dans des bureaux d’études spécialisés dans l’environnement ou la pêche, pour une organisation de producteurs, auprès d’un comité des pêches ou de coopératives maritimes, en tant que technicien d’entreprises du secteur de la pêche, dans un organisme de recherche (IFREMER, CNRS, IRD...) ou pour un gestionnaire spécifique aux milieux littoraux ou marins (Conservatoire du littoral, Agence des aires marines protégées…).